Château de Grandval Paulinet - Tarn - Photo M.Chauvin

Dans notre généalogie familiale, nous sommes gâtés ! Pas moins de dix départements sont à l'honneur !

Cela augmente  la difficulté : malgré un accès aisé aux archives par internet, l'accès physique est plus déroutant. Quand nos recherches se font dans des départements limitrophes, les déplacements sont plus simples et plus rapides. Par contre quand le trajet avoisine les 700 kilomètres nous ne nous y rendons pas pour une journée…

Lors d'un déplacement familial dans la région natale de ma grand-mère maternelle, j'ai emmené ma maman et sa sœur dans le hameau où est née mon aïeule. J'ai profité de cette escapade pour organiser aussi quelques rendez-vous généalogiques en mairies. Des accueils téléphoniques toujours aimables et arrangeants, des entrevues organisées tambour battant. Une mise à disposition des documents presque en toute liberté. Une écoute, des questionnements sur notre famille, enfin, de belles rencontres !

Nous avons fait le tour des villages et hameaux où ont résidé nos ancêtres, rencontré quelques personnes ravies de notre intérêt pour leur région. Je me souviens de ce monsieur, si aimable, qui nous accueillit un dimanche après-midi et si généreux d'informations sur l'histoire locale. Il nous a conseillé de nous rendre chez son voisin, en nous recommandant de lui. Ce que nous avons fait ! Une fois les présentations faites et son étonnement passé, nous étions quand même cinq personnes à envahir son espace, il a écouté notre histoire. J'avais en ma possession notre base généalogique et nous avons pu échanger ! Nous sommes cousins ! Eloignés bien sûr mais cousins. J'ai vu dans le regard de ma maman et ma tante ce ravissement d'avoir trouvé "un cousin". Comme si elles pouvaient toucher, à travers le lieu où nous étions, un brin de notre histoire familiale, et certainement un peu  plus l'histoire de leur maman.

Cette richesse d'échange ne devrait pas être source de frustration comme le titre l'indique ! Non bien entendu au contraire ! Ces rencontres de personnes totalement inconnues qui nous ouvrent leur porte. Ce cousin lointain qui nous propose de visiter la maison familiale datant du XVIIIème, la plus ancienne du hameau où il réside, est source d'une immense joie, d'autant plus que plusieurs générations de nos ancêtres se sont succédées dans ce hameau depuis les années 1660 jusqu'à la fin des années 1880, laisse entrevoir la possibilité que nos aïeux aient pu vivre dans cette maison visitée.

Là où le bât a blessé c'est dans l'organisation d'un rendez-vous chez un notaire. Notaire qui n'a pas versé ses archives anciennes aux archives départementales… Et l'échange a été difficile et stérile ! Bien sûr il n'y a aucune obligation aux notaires de nous ouvrir leurs archives mais …

Premier contact par courriel, échange courtois mais légèrement "rigide". Je demandais un devis pour la recherche de trois contrats de mariage, période fin XIXème, nom du notaire connu, dates connues, enfin une requête toute simple. Réponse : "Nous ne pouvons pas répondre à votre demande. Dans l'immédiat, nous sommes en sous-effectif." Mon retour de mail fut rapide : "Je ne suis pas pressée, à quel moment pensez-vous pouvoir rechercher ces contrats et me communiquer vos honoraires ?" "Nous aurons une jeune stagiaire au printemps, recontactez-nous à cette période". Je vous fais grâce des formules de politesse.

Le printemps arrive,  je me manifeste à nouveau, par courriel… Pas de chance la stagiaire est débordée ! C'est alors que je sors ma formule magique ! "Ce n'est pas grave, je suis dans votre région au mois de mai, je me permettrai de prendre contact avec vous pour organiser un rendez-vous." Rien, calme plat.

Je sors le grand jeu, une semaine avant notre départ j'envoie un courriel avec accusé de réception. Toujours rien. Je ne désespère pas. Je téléphone : "Nous ne sommes pas certains de pouvoir vous recevoir… je vois avec Maître…" Je ne m'avoue pas vaincue ! Je suis têtue !

Le lundi de notre arrivée sur notre lieu de villégiature, je m'isole et prend contact avec l'étude notariale, j'ai eu beau insister, la réponse fut non, il n'était pas possible de me recevoir. Motifs invoqués : "Il n'y a personne pour faire la recherche." Je réplique : "Je ne veux pas vous déranger, je peux la faire moi-même". "Ce n'est pas possible" me rétorque-t-on "les registres sont à l'étage et trop lourds pour être descendus des archives !" Qu'à cela ne tienne : "Je peux monter !" Et là le coup final, l'estocade, l'ultime raison ! "Non l'escalier est trop raide et personne ne peux y monter". J'ai cru m'étouffer. Quelques derniers arguments, un peu de trémolo dans la voix : Vous comprenez, je suis dans votre région pour quelques jours, je ne reviendrais pas tout de suite etc…" Le NON fut tout aussi implacable. Ma dernière question : "Et vous pensez remettre vos archives aux AD quand ?" "Rien n'est prévu dans l'immédiat !". J'étais achevée !

Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire ? Quand j'ai lu l'article de Le Blog d'une Généalogiste, j'ai tout de suite pensé à cette mésaventure, car j'ai ressenti cette frustration. Ce n'est pas un acte manquant certes mais être si près et ne pas pouvoir obtenir ces documents c'était frustrant. La petite cerise sur le gâteau : j'ai reçu par mail dans les jours qui ont suivi la publication de l'article en référence, un courriel automatique de cette étude notariale stipulant que mon mail n'a pas été lu ! C'est peut être le signe que je peux réitérer ma demande ….