image garde mobile

Tout est dans le titre : challenge, mot anglais signifiant défi ! Il n'est pas toujours aisé de rédiger un article. Le sujet plaît, passionne tout va bien. Mais quand on ne maîtrise rien, que le thème vous semble archaïque : c'est un défi ! Et c'est bien dans cet état d'esprit que je me dois de relever ce challenge de février.

Pour évoquer la garde-mobile, j'ai voulu essayer diverses pistes : trouver le garde-mobile né dans ma commune qui s'est illustré durant la campagne contre la Prusse,  rechercher de jeunes conscrits et tenter de retracer leur parcours comme Jacques François BUNEL, né le mercredi 22 novembre 1848, fils de Jacques Symphorien BUNEL et Eloïse Victorine MAMORY résidant aussi au Perray. Il était garde mobile de Seine et Oise, 4ème  Bataillon, 8ème Compagnie, immatriculé 1111. Entré à l'Ambulance de la rue Raynouard n°68 à Passy, le 22 du mois d'octobre 1870. Âgé de vingt-deux ans, il décède le 11 du même mois à deux heures et demi du soir par suite de typhoïde.

Mais l'inspiration ne vient pas, malgré tout je poursuis mes recherches. Quand je trouve un document sur la guerre de 1870 je suis aux anges : c'est clair, net, précis j'ai ce qu'il faut  pour vous expliquer la Garde mobile !

La Garde nationale est le nom donné lors de la Révolution française à la milice de citoyens formée dans chaque ville, à l'instar de la Garde nationale créée à Paris. La Garde nationale est dissoute en juillet 1871 au lendemain de la Commune de Paris.

Sous le second Empire, une loi est votée le 4 février 1868 – La loi Niel - Cette loi permettait la création d'une garde mobile, auxiliaire de l'armée pour la défense des frontières et des places fortes ainsi que pour le maintien de l'ordre intérieur. Le recrutement des soldats se faisait par tirage au sort. Les plus chanceux, je veux dire ceux qui ont tiré le "bon numéro" et aptes au service, allaient rejoindre la Garde nationale mobile pour 5 ans. Les malchanceux, ceux qui ont tiré le "mauvais numéro" partaient pour  7 ans dans l'armée active. Chaque ville, d'une certaine importance, avait ses gardes, des hommes âgés entre 20 et 60 ans. Ces unités d'infanterie et d'artillerie correspondaient aux circonscriptions de l'administration civile qui les équipaient. Administrativement, l'ensemble des gardes mobiles était regroupé en unités départementales : Mobiles du Doubs, de la Haute-Saône, de la Loire, de l'Ardèche etc.

Lorsque la Guerre franco-allemande éclate en juillet 1870, la Garde nationale est mobilisée en premier. Le décret du 16 juillet ne concerne que les gardes nationaux habitant dans les régions du Nord et de l'Est ainsi que ceux de la région parisienne. Le 10 août, le Parlement vote une loi visant à compléter les forces des gardes sédentaires et mobiles. Le 18 août 1870, une autre loi y incorpore 40 000 jeunes supplémentaires. Les Mobiles sont mal armés et entraînés. Les unités manquent souvent de cohésion et d'instruction.

Louis-Charles HARDOIN fait partie de ces gardes mobiles. Il est de la classe 1869. Né le 30 décembre 1849 à Morsang-sur-Orge alors département de Seine et Oise, il tire le numéro 21. C'est un grand gaillard puisqu'il mesure 1m 830 mm ! Il sait lire et écrire. Louis-Charles est affecté dans l'Infanterie, 6ème Bataillon, 3ème Compagnie sous le numéro matricule 2046 en tant que Garde national mobile. Rappelé au moment de la campagne contre la Prusse, il participe au Siège de Paris. Blessé par lacération des deux jambes et des articulations tibio-tarsiennes par des éclats d'obus au fort de Nogent, il est amputé sur place des deux jambes le 29 décembre 1870. Nommé Chevalier de la Légion d'Honneur le 7 janvier 1871, il retourne chez ses parents à Morsang-sur-Orge où Louis-Charles épouse le 8 novembre 1873 Estelle BAUMARD.

La Garde mobile représentait à elle seule l'essentiel des forces armées françaises. Elle opposa à l'envahisseur une résistance militaire prolongée durant six mois. Le courage de ses hommes, malgré leur inexpérience face la guerre, sont à souligner.