Faucheuse

Jacques et Jacqueline se marient en septembre en 1949. Jacqueline quitte son village et s'installe chez ses beaux-parents avec son époux. Jacques travaille à la forge avec son père, maréchal-ferrant. Que s'est-il donc passé dans l'esprit de ces jeunes mariés ?

Le travail de la forge est au ralenti, il n'y en a pas assez pour deux forgerons. Alors une idée germe : pourquoi ne pas exploiter  les quelques  terres  que les  parents de Jacques   possèdent ? Ces deux jeunes gens sont courageux et entreprenants. Ils débutent petit, cultivent quelques hectares. Jacqueline s'occupe de quatre vaches et autant de moutons, elle élève des volailles, un cochon. Comme outils : leurs bras et leurs mains.  Mais ils sont innovants, veulent agrandir leur exploitation, augmenter le rendement et leurs revenus...

Jacqueline est plus timide sur ce qui touche l'innovation, les nouvelles machines agricoles. L'investissement financier fait peur, il faut un prêt avec toutes les conséquences que cela peut induire si les récoltes ne sont pas bonnes. Mais Jacques est confiant, et le travail ne lui fait pas peur.

Les foires sont l'occasion découvrir les nouvelles technologies et trouver du matériel à bon prix. Jacques repère une faucheuse d'occasion. Il se rend chez le banquier, l'investissement est possible, un financement proposé, Jacques hésite, réfléchit quelques instants… C'est bon ! Il se lance ! Son premier achat : une faucheuse d'occasion tirée par deux bœufs. Celle de la photo !

Jacques est moteur dans sa commune pour encourager les jeunes exploitants comme lui. Il est le premier à acheter une automobile, une petite voiture deux places de marque Citroën, une 5CV. C'est encore lui qui achète le premier tracteur…

Jacques et Jacqueline feront fructifier leur exploitation, du travail manuel à la traction animale pour terminer avec la motorisation. Des vaches dans l'étable à la stabulation libre, de la traite manuelle à celle mécanisée, Jacqueline peut ainsi augmenter son cheptel. De quatre vaches le troupeau passe à une centaine de têtes. Les quatre hectares exploités à leur début seront multipliés par plus de dix. Ils prendront leur retraite avec plus de  cinquante hectares exploités.

Prudemment mais sûrement ils ont avancé, les investissements dans le matériel ne se sont pas tous fait en même temps. Le travail et la rigueur leur ont permis de prendre confiance et d'aller de l'avant. Il faut parfois du courage pour entreprendre, se lancer et investir surtout quand il s'agit de débuter  une activité et que l'avenir n'est pas écrit.