Si mon mari devait écrire un article sur ce thème, il serait bien en peine… Ses ancêtres sont tous originaires de l'Indre (36) sauf UN. La famille de Clémentine, sa grand-mère paternelle, est concentrée dans un périmètre entre quatre et onze kilomètres, Celle de Camille, son grand-père paternel, un rayon de vingt-huit kilomètres avec une petite incursion d'un certain Mathieu MOREL venant de Saint-Jean-la-Vêtre (42) qui a parcouru pas loin de trois cent kilomètres  dans les années 1760… Une longue  distance pour ce scieur de long !

De mon côté, il y a des "pantouflards". Michel, mon grand-père originaire du Finistère (29) est le seul à se  distinguer en s'engageant à dix-sept dans la marine. Après sa mise en disponibilité, il migre en région parisienne, vers 1925, à l'âge de vingt-deux ans. Ses aïeux sont de purs bretons : pas d'étranger à ce département... Ma grand-mère paternelle, Marcelle, a des ancêtres qui ont la bougeotte. Sa lignée maternelle vient de l'Oise en passant par l'Eure avec des incursions en Seine-Maritime et il y a même Louis, qui se marie en 1800 avec Suzanne à Poulay (53). Est-ce son métier de bûcheron qui l'a déplacé quelques années pour le faire revenir ensuite dans son village natal ? Tout ce petit monde franchit les départements allègrement. Vers 1885, les grands-parents de Marcelle, Alphonsine et Hippolyte s'installent dans les Yvelines (78), plusieurs de leurs enfants restent dans la région de Mantes (78), mais leur fille, mon arrière-grand-mère Amélie, doit avoir ce gène "de la bougeotte". Elle s'établit vers 1901 à Courbevoie (92)…, réside quelques temps à Falaise (14), Onzain (41) ainsi que du côté de Montélimar (26).

Les  difficultés ont commencé avec la branche paternelle de ma grand-mère Marcelle. Ses grands-parents, Victor et Marie Joséphine, sont aussi installés à Courbevoie depuis les années 1890 avec leurs trois enfants.  Le père de Marcelle, Emile, fils aîné de la fratrie, est né à Besançon (25), Louis, le frère cadet, à Chassignelles (89), Paul, le benjamin, à Dole (39). Victor et Marie Joséphine se marient à Valhadon (25). Jusque-là quelques pirouettes entre différents départements. Il aurait été aisé que ce couple soit originaire du Doubs… Mais pourquoi faire simple quand on peut compliquer un peu les choses ? La famille de Victor est bien ancrée dans le département du Doubs (25) depuis des décennies, c'est son épouse Marie Joséphine qui pose quelques soucis. Elle naît à Saignelégier… en Suisse ! Bon pas si simple de trouver des actes d'état civil  dans le canton du Jura Suisse… Mais avec de la persévérance les résultats sont là ! Je connais le nom des parents : Barthélémy DESCHAMPS et Marie Séraphine Philomène Joséphine FAIVRE, mariés en la commune Les Bois, toujours en Suisse. Nouvelle information,  nouvelle direction, Barthélémy est né à Notre-Dame-des-Prés en Savoie (73) ! Me voilà dans un nouveau département ! Quand je pense que certains font "l'escargot" pour rechercher leurs ancêtres, là je ne parle même pas de saut de puce… 

 Déplacements de Victor et Marie Joséphine

Après ce petit périple à travers nos nouvelles régions que sont la Bourgogne-Franche-Comté, l'Auvergne-Rhône-Alpes et ce détour en Suisse, nous partons plus à l'ouest en Normandie à la rencontre de ma branche normande. Celle-ci je la dois à mon grand-père maternel, Charles Auguste, entre Manche et Calvados quelques petites migrations dans un triangle compris entre Saint-Lô (50) Bayeux (14) et Caen (14) pour faire simple. Comme je l'ai évoqué dans mon article "Généathème : Les femmes de notre vie", Mélanie, ma grand-mère maternelle, son épouse, est originaire du Tarn, un petit hameau proche d'Alban. La rencontre de mes grands-parents s'est produite à Toulon (83) ainsi que leur mariage.

Si avec tout cela je ne suis pas bonne en géographie… A travers cette disparité de contrées, j'ai appris beaucoup sur les us et coutumes entre le sud, pays de droit écrit, et le nord, pays de droit coutumier. La richesse des archives, des prénoms plus communs à certains territoires que d'autres, des noms de famille bien typiques de certaines provinces… Enfin une belle diversité ! Si j'ai à donner un avis sur le "pourquoi" de ces migrations, ma première réponse serait : le travail, toujours le travail et encore le travail ! Qu'ils soient tailleur de pierres, journalier, bûcheron, scieur de long… nos aînés n'ont pas hésité à parcourir les routes de France et franchir les frontières ! Et ce n'est pas fini !