Ils avaient un meėtier

Je me suis mise sur la réserve en lisant le sujet, j'ai fait un peu la moue… Ma première réaction : je n'ai rien qui sorte de l'ordinaire… Mes ancêtres sont tous brassiers, laboureurs, manouvriers, tisserands… Je ne voyais pas très bien comment rendre le sujet "moins ordinaire" !

Je prends mon temps, je m'installe devant mon ordinateur, ouvre mon logiciel de généalogie et en quelques clics j'établis la liste des métiers de mes aïeux. Quelle n'est pas surprise ; comment ai-je pu passer à côté de ces informations ? Ils ne sont pas tous brassiers, manouvriers...

L'habitude de la saisie automatique nous "incite" à ne plus penser. Tout d'abord nous ne couchons plus les mots sur le papier. Il faut dire que le traitement de texte simplifie l'écriture, nous interchangeons les phrases, déplaçons des "pavés" entiers de texte et quand elle est activée, la saisie  automatique et sa sœur jumelle "correction" sont en action… ainsi que les divers outils du traitement de texte. Ils nous facilitent la vie mais nous empêchent de penser.

Ne pas écrire pleinement toutes les informations que nous collectons au cours de nos recherches nous prive de notre mémoire. Pour ma part c'est ce que je ressens, rédiger à la main me permet de fixer, d'ancrer l'information , alors vous pensez bien que taper la première lettre sur le clavier, me servir de l'écriture automatique me laissent le loisir de zapper quelques informations.

Mais revenons aux métiers de mes ancêtres ; il y a de la diversité et plus que je ne l'imaginais. Comme je vous l'ai écrit plus haut les journaliers, manouvriers, brassiers, laboureurs sont légion. Mais il y a des métiers plus variés comme Simon AMELOT, concierge de prison dont je trouve la première mention en 1782 ; à son décès, en 1792 il est garde-champêtre.

Pierre MARGUERITE, habitant Saint-Paul-du-Vernay (14), est compagnon potier, François Eleonor PAGNERRE est charron et garde-moulin à Etrépagny (27), jolie désignation pour nommer le valet du meunier. Ce terme est employé principalement aux environs de Paris.

Je trouve aussi quelques cordonniers résidant principalement dans l'Eure. Toujours dans ce département ainsi que celui de la Manche (50) il y a des couvreurs en paille ou chaume.

Au pays de ma grand-mère maternelle, dans le Tarn (81) Philippe NAYRAC (sosa 1838) est maître armurier à Gijounet.

Une belle brochette de fileuses de laine et de coton ainsi que des ouvriers et ouvrières en bas de laine ou de coton résident dans des villes distantes d'environ trente-cinq kilomètres : Montroty (76), Fontaine-Lavaganne (60) et Saint-Maur (60). Parmi ces hommes, ouvriers en bas, beaucoup sont aussi bergers.

J'ai relevé d'autres professions comme forgeron exercé par Pierre ESQUILAT dans le Tarn (81), Jean-Baptiste Hubert FAIVRE ouvrier sur métaux et horloger dans la ville "Les Bois" en Suisse… Des charbonniers pour certains de mes ancêtres bretons, quelques bûcherons en Seine-Maritime (76). Une lignée de charpentiers pour les familles BLANVILLAIN et MENARD en Normandie.

Il y aussi ces activités comme celle de Victor François JEANNE gardien d'herbage à Parfouru-l'Eclin (14). Le gardien d'herbage surveille les bêtes dans un pré proche de son domicile, le propriétaire des bêtes résidant trop loin pour s'en occuper chaque jour.

Quant aux femmes, avant de se marier, elles sont souvent domestiques, servantes… En Bretagne j'en ai beaucoup qui sont "aide-cultivatrices". Après leur mariage, elles s'occupent de leurs ménages et deviennent "ménagères" mais elles ont parfois d'autres activités qu'elles effectuent après leurs tâches quotidiennes. Marie Magdeleine Louise BLANVILLAIN (sosa 111) Marie Célestine BINET (sosa 55), et Louise Rosalie MENARD (sosa 27) ; vivent toutes trois non loin de Caen (14) et sont dentellières. Ces petits emplois offrent une rentrée d'argent supplémentaire.

Il y aussi Angeline Sidonie MENARD (sosa 13) qui est ouvrière en chaussons de lisière, chaussons fabriqués à partir de la lisière ou bordure de pièces de drap, Virginie Evodie PAGNERRE (sosa 47)  gantière à Etrépagny (27) et Marie Victoire BRUNON (sosa 89) tricoteuse à Montroty (76).

Je pourrai en citer d'autres comme chiffonnier, taupier, tourneur en bois, vigneron… mais je préfère terminer par Rose Amélie BAILLIVET de Boschyons (76) qui est marchande de salines : elle vend des conserves de poissons salés ou encore Marie Thérèse FROIDEVAUX (sosa 351) gouvernante en Suisse et, pour finir, Catherine BERTHEAUME à Noyers-Bocage (14) et Guillemette DUDOUET à Sainte-Honorine-de-Ducy (14) toutes les deux sages-femmes.

Voilà un petit aperçu des métiers que mes ancêtres ont exercés. Ces professions sont principalement tournées vers la terre, certains de ces hommes et femmes ont dû s'adapter, se déplacer, parfois changer de travail pour vivre et faire vivre leurs familles.