Quelle mouche me pique ? J'ai pourtant dit sur mon compte Facebook MLCGénéalogie  https://www.facebook.com que je jouerai les timides cette année et que le Challenge AZ serait pour 2018 ! Est-ce de lire les premiers articles, des encouragements à me lancer dans l'aventure ? Bref me voilà !

Comme je vous l'ai déjà dit j'aime bien la presse ancienne, et hier j'étais aux archives départementales des Yvelines (78) à la recherche de billets, d'informations qui peuvent m'être utiles tant sur le plan de l'histoire locale que sur l'actualité de l'époque. J'ai déjà parcouru quelques années du journal l'Echo Rambolitain sur la période de 1888 à 1890, j'ai donc choisi Le Réveil, sur les mêmes années pour un regard différent et parfois complémentaire de l'information.

Mon attention est attirée par plusieurs faits divers qui me rappellent que nous n'avons pas toujours eu, nous citoyennes et femmes, des moments faciles. Nous connaissons la pilule, nous avons le droit à l'avortement, durement acquis. Mais dans ces années de fin du XIXème siècle c'était bien différent. 

Entre les procès de femmes qui pratiquaient l'avortement sur des jeunes filles abusées par leur patron ou même violentées,  pour ces  demoiselles qui ont eu recours à l'infanticide pour ne pas avouer leur "faute"  à leurs parents et surtout comment répondre à cette question importante : "Comment vais-je élever et nourrir cet enfant, de plus, non désiré ?".

J'ai été émue par l'article ci-dessous, et vous verrez en le lisant que la compassion n'était pas toujours présente et que certains intérêts sont plus forts que le confort d'une enfant !

Pauline RIDÉ, dix-huit ans,  comparait pour homicide par imprudence ou négligence. Ses parents comparaissent sous le même motif.

Les faits, Pauline est enceinte, elle vit à Allainville (78) chez ses parents. Ceux-ci n'ont pas accepté sa grossesse. Dans la nuit du 2 mars 1889, la naissance de l'enfant s'annonce. Pauline dort avec sa sœur à peine plus âgée, aux  douleurs qu'elle ressent Pauline, essaie de réveiller sa sœur, sans succès. Elle appelle donc ses parents qui dorment dans la pièce voisine avec trois autres enfants. Bon gré mal gré, ses parents se lèvent pour venir la voir quand un autre bruit s'élève dans la nuit. C'est la vache qui va vêler !

Quel choix ? Leur fille sur le point d'accoucher ou la vache qui va vêler ?  Il semble que cela ne discute pas longtemps : le veau rapporte plus qu'un enfant et celui-ci cher à élever !...

Les parents se rendent dans l'étable avec leurs autres enfants, il ne reste que la sœur de Pauline, qui dort toujours ! Et d'un sommeil si profond qu'elle ne l'entend pas…

Pauline doit se lever, elle enjambe sa sœur, mais au moment où elle met le pied hors du lit, le bébé arrive, tombe et se brise le crâne.

Les parents de Pauline sont acquittés, Pauline condamnée à huit mois de prison… Il y a eu appel à cette condamnation qui a été confirmée par la Chambre des appels correctionnels.

 

Le Réveil - 10 août 1889 -

 

Source : AD des Yvelines - PER1090 1