L'enquête :

Après la sinistre découverte par Monsieur BERGES, moniteur au centre de santé de Saint-Jean d'Orbestier, et son groupe d'enfants, la remontée du corps et de la malle effectuée par les sapeurs-pompiers, l'enquête débute. Il n'y a pas eu de disparition de pêcheur et aucune embarcation ne manque à l'appel. Très vite on apprend que le noyé n'est pas un "noyé" ordinaire puisque le pauvre homme à les pieds et mains liés, de plus il est bâillonné. L'homme paraît âgé d'une soixantaine d'années et il porte des traces de violence. La malle remontée laisse apparaître des initiales E.T. ainsi qu'un numéro : 37 ! Le corps est enveloppé dans un drap et du linge est présent dans la malle.

Un témoin, un homme d'environ quarante ans contemple la scène. Il vit dans un blockhaus avec sa compagne à quelques centaines de mètres du lieu du drame. Cet homme, Désiré GAUTREAU, dit "La Guenille", semble savoir quelque chose… Le Maire du Château d'Olonne, Monsieur BUTON, l'interpelle et le conduit auprès de l'inspecteur. Celui-ci interroge le dit "La Guenille" qui lui livre ce qu'il a vu : […]"Il était environ  1h45 ce matin, je sortais pour aller vers le port prendre mon travail sur les bateaux. Une voiture fonça vers  Saint-Jean d'Orbestier, pleins phares. Elle s'arrêta environ dix minutes face au Puits d'Enfer. Toujours phares allumés, elle repartit en direction des Sables et me dépassa à vive allure"[…]. (Extrait de "La malle sanglante du Puits d'Enfer" – Xavier ARMANGE). Mais ce brave homme n'est pas en mesure de donner la marque du véhicule, ni sa couleur, ni sa plaque d'immatriculation…

Lors des investigations on apprend que la voiture a été aperçue par un aubergiste qui, surpris de voir des touristes en cette saison, nota aussi qu'une malle était disposée sur le toit du véhicule.

L'autopsie du corps révèle que l'homme est mort avant d'être jeté à la mer. Le décès est dû à un étouffement, certainement par strangulation et remonte à deux ou trois jours. L'examen de son estomac indique qu'il est vide à l'heure du meurtre et que l'on peut en conclure qu'il a été tué le matin. L'identité du cadavre n'est toujours pas établie.

Les quelques éléments retrouvés sur les restes de vêtements de la victime laisse supposer qu'elle vient de Paris.

En même temps un avis de disparition est lancé dans toute la France. Un certain Robert THELIER, habitant au 64 rue Jouffroy à Paris XIIème, et sa gouvernante, Andrée FARRE, sont activement recherchés, la famille de Robert THELIER ayant déposé une plainte pour disparition inquiétante.

Robert THELIER - L'Humanité 7 déc 1950

Il n'en faut pas plus pour rapprocher les initiales retrouvées sur la malle E.T. avec avec le nom "Robert THELIER". L'enquête approfondie donnera raison à ces suppositions… L'homme se nomme Robert THELIER, réside 64 rue Jouffroy à Paris. Le dossier est dès lors transmis à Paris qui se charge de l'enquête.

Robert Thelier- Journal "L"Humanité - Jeudi 7 décembre 1950

Monsieur CHATELAIN, le chauffeur qui conduisit la voiture jusqu'aux Sables d'Olonne, lit son journal quand son regard est attiré par un article intitulé "Les Sables d'Olonne : Un cadavre est découvert dans une malle !". Stupéfait, il ne s'interroge pas longtemps sur l'attitude qu'il doit adopter, ne pas dire ce qu'il sait le compromettrait et ferait de lui un complice … Il prend la décision de contacter le Quai des Orfèvres. Entendu par la police, il est met rapidement mis hors de cause. Entre temps Andrée FARRE, la gouvernante, est activement recherchée. Grâce au témoignage du chauffeur, un piège est tendu à Andrée. Elle est rapidement interpellée et interrogée. Le chauffeur reconnaît la gouvernante… Robert PLANET a disparu mais il sera vite arrêté.

Au cours de l'instruction les accusés se rejettent les responsabilités, accusant l'un l'autre d'avoir étranglé Robert THELIER. Robert PLANET soutenant qu'il était encore vivant au moment de son départ de l'appartement. Andrée FARRE affirmant qu'elle avait bien endormi le vieil homme avec un tampon d'éther mais que c'est son complice qui l'a étranglé.

Andrée FARRE paraît mythomane, menteuse, … [examinée par un psychiatre qui la reconnaît extrêmement lucide et que sa responsabilité pénale est engagée]… (Journal Le Patriote – 6 décembre 1950) .

la Vendée libre 15 mai 1949

Après des semaines d'enquête, de contradictions et d'histoires rocambolesques, la vérité éclate. Andrée FARRE et son complice Robert PLANET sont inculpés d'homicide volontaire.

Le procès en Cour d'assises a lieu quelques mois plus tard le jeudi 7 décembre 1950.