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Aujourd'hui, 26 septembre, journée européenne des langues Sophie BOUDAREL nous propose de nous intéresser aux langues et patois que parlaient nos aïeux. J'ai donc fait le "tour" de mes ancêtres et j'ai essayé de répertorier les diverses langues qu'ils ont utilisé. Entre le pays d'Oc et le pays d'Oïl ce n'est pas moins de six langues que j'ai trouvées.

Mon grand-père paternel parlait le breton et ma grand-mère maternelle l'occitan… SI je regarde l'atlas sonore dont Monique PULBY fait mention dans son article, mon aïeul parlait une langue celtique. Ma grand-mère, après m'être renseignée auprès d'un spécialiste, parlait un occitan "languedocien" non "répertorié" sur la carte. Il pourrait être proche de Saint-Amans-Soult mais celui de Najac correspond bien aussi. Ils sont globalement identiques, c'est l'emploi de synonymes qui fait la différence.  

La langue romane est aussi à l'honneur grâce au normand. Une partie de ma famille maternelle est originaire de Basse-Normandie. Cette carte m'a permis de comprendre pourquoi certains mots me sont connus, car entendus dans le noyau familial, venant du pays de Caux. Je pense à ce mot bezot qui désigne le petit dernier de la fratrie voire même le préféré.

Et il y a ces termes, ces expressions qui parfois ont bercé notre enfance, ceux qui font partis de notre vocabulaire quotidien comme la goule : le visage, la bérouette : brouette, bérouetter : déplacer sans ménagement, bousculer, bouiner : bricoler, s'affairer bidouiller, une cane ou châne : la cruche à lait ou bidon à lait, une pouche : sac en toile de jute …

Vient ensuite une petite lichette de picard, un soupçon de parisien, de francs-comtois et une pincée de savoyard selon la carte des langues régionales. Je laisse de côté la branche du Jura Suisse…

Avec toute cette diversité linguistique, je devrais avoir un large vocabulaire et connaître certaines expressions mais malheureusement ce n'est pas arrivé jusqu'à moi. Je ne connais que quelques mots de breton, rien en occitan… Quel dommage que toute cette richesse culturelle se soit égarée au fil du temps. Mon époux a plus de  chance : sa famille est originaire du Bas-Berry exclusivement sauf un ancêtre… Je me souviens, les premiers temps, quand nous rendions visite à ses parents, je me sentais un peu perdue et même exclue de la conversation, berrichon et français se mélangeaient allègrement, plus de patois que de français. Au fils du temps j'ai compris quelques mots mais je ne participais pas aux échanges, tout le village était passé en revue, alors entre inconnus et patois parfois les déjeuners et dîners étaient un peu longs. Mon mari comprend le berrichon et moi je connais quelques mots comme une ajasse : une pie, un pochon : un petit sac, une ouaille ou oueille : une brebis, jaboté : être repus, avoir trop mangé, un luma : un escargot, feurgasser : farfouiller, une éronde : une ronce, être chti : méchant mais aussi dans le sens d'un garnement : le chti gamin ; une bouchure : une haie…

Voilà la diversité du patrimoine linguistique de ma généalogie. Chacun peut certainement y retrouver des mots, des expressions entendues çà et là dans sa région, dans sa famille. Parfois un mot à la même signification d'une région à l'autre comme jau ou jo  pour le coq en Berry ou en Poitou … Les frontières sont proches...