L'étymologie du mot école provient du latin  "schola" lui-même issu du grec skholé désignant le loisir, le lieu où l'on enseigne. Dans l'Antiquité, en opposition aux jeux, les discussions et réflexions intellectuelles sont considérées comme des loisirs. De nos jours, l'école désigne l'établissement où l'on dispense un enseignement collectif.

  

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En dépit des résolutions votées au Concile de Trente (1545-1563), voulant que les municipalités obligent les curés à entretenir des écoles municipales et publiques, et à inculquer les rudiments de lecture et d'écriture, l'enseignement ne fut pas institutionnalisé malgré la création de nombreuses écoles paroissiales. Un grand nombre de ces paroisses, trop pauvres, ne disposent pas des ressources nécessaires à l'entretien de l'école et la rémunération d'un maître. Les écoles sont plus répandues dans les régions de l'est et du nord que dans le centre, l'ouest ou le midi. Jusqu'au XVIIème siècle la majorité de ces écoles sont tenues par des vicaires ou curés, mais leur diminution, à la fin du XVIIème, oblige les paroissiens et les curés à recourir à des clercs ou maîtres laïques. Ils sont nommés par les assemblées d'habitants à la fin de l'office religieux. Certains bienfaiteurs, seigneurs, ou riches bourgeois, lèguent par testament une somme allouée à l'école. Au XVIIIème siècle, l'ecclésiastique Jean-Baptiste de la Salle, consacre sa vie à éduquer les enfants pauvres. Il crée l'institut des Frères des écoles chrétiennes.

A la veille de la Révolution, la population française est estimée  à vingt-huit millions d'habitants dont environ une dizaine de millions sont analphabètes. Les cahiers de doléances ne consacrent qu’une faible attention à l’école et le problème scolaire va préoccuper les Etats Généraux.

Quelques grands principes sont énoncés :

  • Les maîtres d'école recevront un salaire,
  • Les maîtres bénéficieront d'un logement gratuit.
  • L'instruction publique sera gratuite et obligatoire.
  • L'instituteur devra former de bons citoyens.

L’éducation primaire passe sous la responsabilité de l’Etat : tous les enfants y sont inscrits, même les filles. Talleyrand veut que l’école accueille gratuitement les enfants de treize à seize ans. La laïcité est demandée par Condorcet mais l’Etat n’ose pas imposer l’obligation scolaire, source de difficultés pour les familles pauvres.

Un homme, Joseph LAKANAL (1762-1845), permet de faire voter plusieurs décrets dont ceux du 12 décembre 1792, et des 15 septembre et 21 octobre 1793, qui tracent les grandes lignes de l'enseignement primaire, secondaire et supérieur en garantissant la liberté : "L'enseignement est libre, tout citoyen a le droit d'ouvrir une école et d'enseigner… muni d'un certificat de civisme et de bonnes mœurs". Le 28 janvier 1793, il entre au Comité de l'Instruction Publique, où il est très actif : il lutte contre la dégradation des monuments historiques, transforme le Jardin des Plantes en Muséum d'histoire naturelle, permet la mise en place du télégraphe de Chappe (moyen de communication visuelle par sémaphore), réorganise l'Observatoire.

Entre octobre 1793 et juillet 1794, il effectue une mission dans le sud-est de France, durant laquelle il crée des écoles primaires gratuites pour garçons et filles. Il instaure aussi des "corvées patriotiques" pour réparer les routes…

Le décret du 17 octobre 1794, permet la création d'une école primaire pour mille habitants. Il prescrit l'usage du français pour enseigner, le patois restant toléré comme moyen auxiliaire de la transmission du savoir. Mais la loi du 18 novembre 1794 supprime l'obligation scolaire, fixe le traitement de l'instituteur. Membre du Comité de l'Instruction Publique, il est l'auteur de rapports sur l'organisation des écoles primaires, centrales, normales permettant la création de celles-ci.

Sous le Consulat et l'Empire les écoles privées renaissent alors que les écoles publiques déclinent. L’instruction religieuse est renforcée. Le 4 janvier 1828, l’instruction publique est séparée du Ministère des affaires ecclésiastiques et devient pour la première fois indépendante, elle est dirigée par un ministre secrétaire d’état. Mais elle y sera de nouveau rattachée à plusieurs reprises au cours du XIXème siècle.

En 1833, François GUIZOT alors Ministre de l'Instruction Publique,  fait voter la "Loi Guizot" qui rend obligatoire l'ouverture d'une école par commune de plus de 500 habitants, ainsi que la création d'une école normale d'instituteurs dans chaque département. L'obligation scolaire n'est toujours pas d'actualité et il renonce au principe de gratuité.

Alfred de FALLOUX, nommé Ministre de l'Instruction Publique en 1849, fait voter une loi qui porte son nom en 1850 : l’instituteur doit assurer les prières quotidiennes et faire apprendre le catéchisme. Cette loi complète celle de 1833 en instaurant la création d'écoles de filles dans les communes  de plus de 800 habitants.

Jules FERRY

À partir 1879, Jules FERRY, est nommé cinq fois Ministre de l’Instruction Publique, il rattache son nom à plusieurs lois sur l'enseignement dont celles du 26 décembre 1880 qui permet aux jeunes filles de bénéficier de l'enseignement secondaire d'Etat, la loi du  16 juin 1881 rend l'enseignement primaire public et gratuit, celle du 28 mars 1882 met en place l'instruction primaire obligatoire ainsi que la laïcité de l'enseignement.

Jules FERRY transforme l’instruction en éducation : il veut que l’école soit accessible et imposée à tous les enfants. Le certificat d'études est institué. L'école est obligatoire de six à treize ans. Quatorze ans en 1936 et seize ans en 1959. Jules FERRY, anticlérical mais pas antireligieux, supprime l'instruction religieuse à l'école mais laisse une journée libre en semaine pour permettre aux familles qui le désirent d'envoyer leurs enfants au catéchisme.