De tout temps, les hommes ont dû faire face aux maladies. Qu'elles soient saisonnières ou non, les maladies attaquent par vagues ou de façon épidémiologique… Il y a les épidémies de grippe, de varicelle, scarlatine, oreillons… En fonction des époques, ces maladies sont plus ou moins synonymes de mort.

Les épidémies ont une "vie" : elles naissent, se propagent et disparaissent parfois pour quelques mois parfois pendant des années pour réapparaître au gré des migrations des

cholera

populations. Certaines d'entre-elles ont mené à la décadence des villes, à la dépopulation comme la peste noire ou peste bubonique qui sévit entre 1347 et 1352. Cette épidémie a touché l'Asie, le Moyen-Orient, l'Afrique du Nord et l'Europe, à ce stade on parle de pandémie puisque présente sur une large zone géographique. Elle est considérée comme le début de la seconde pandémie de peste qui perdura de façon épisodique jusqu'au début du XIXème siècle. D'autres, comme le choléra, ont sévit sur de nombreux continents, la France fut touchée en 1832. Plus près de nous, l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine ou VIH frappe de nombreux pays sans que nous puissions stopper définitivement sa progression.

Nous connaissons, aussi, les épidémies qui se transmettent en milieu scolaire, les rhino-pharyngites, les gastro, ces maux que les enfants se transmettent allègrement. Nous l'avons aussi connu durant notre scolarité. Avec la découverte de la vaccination, les autorités sanitaires ont permis de se prémunir de maladies comme la coqueluche, voire de l'éradiquer complétement comme la variole dont le dernier cas connu date du 26 octobre 1977 en Somalie.

En effectuant des recherches dans la série T aux Archives Départementales des Yvelines, j'ai relevé plusieurs courriers émanant soit du Sous-Préfet, soit de l'Inspecteur d'Académie ou encore de maires, relatant des épisodes épidémiques entre 1882 et 1885. Les épidémies signalées vont de la teigne à la gale, en passant par la coqueluche, des cas de diphtérie en janvier 1884 à Marcoussis, la rougeole en juillet 1884 dans l'école de Sermaise, toutes deux communes de l'ancienne Seine et Oise, aujourd'hui dans l'Essonne.

Les écoles communales de Rambouillet, Yvelines, sont touchées par une épidémie semblable en juillet 1885. Dans le rapport du Docteur DIARD, médecin du service des épidémies, que le Maire de Rambouillet transmet au Sous-Préfet, il est indiqué que dans les quatre écoles de garçons on compte quarante-trois absents sur deux-cent-vingt-trois élèves. Les écoles de filles ne sont pas épargnées : soixante-quatre cas pour cent-quatre-vingt-treize inscrites. A l'asile sur cent-douze enfants quarante absents.

Au total, cent-quarante-sept élèves sur cinq-cent-vingt-huit sont malades. L'autorisation de fermeture des écoles est demandée au Préfet pour une période d'un mois.

Non loin de Rambouillet, au hameau de Greffier, commune de Sonchamp, c'est une épidémie de scarlatine qui se répand en ce même mois de juillet 1885. Le même médecin signale une centaine d'enfants contaminés. Toujours à la même époque, dans la région de Chevreuse, Yvelines, c'est la coqueluche qui sévit dans une école maternelle : cinquante cas diagnostiqués sur cinquante-trois élèves… Ici aussi la fermeture de l'école est demandée.

En 1889, le Docteur RUSCINO alimente une chronique médicale dans le journal l'Écho Rambolitain : "L'hygiène dans le milieu scolaire". Après une récapitulatif des progrès faits et ceux à faire, il passe en revue différents points essentiels pour améliorer la médecine scolaire en appuyant sur les problèmes tant médicaux, qu'ergonomiques et environnementaux. Alors qu'il devait aborder le sujet de l'éclairage dans les salles de classe, son attention est attirée par des phénomènes épidémiologiques qui se manifestent  depuis quelques mois dans les établissements scolaires de l'arrondissement de Rambouillet, il préfère écrire sur les maladies contagieuses et infectieuses.

Après avoir abordé le sujet de manière générale et afin de prévenir la propagation des épidémies en milieu scolaire, le Docteur RUSCINO écrit le 23 mars 1889 : "…Voici les vœux que je formule et qui, d'ailleurs,  sont partagés par l'immense majorité des médecins français et étrangers" : "Chaque mairie, en l'absence d'un établissement sanitaire, devrait être munie d'une étuve spacieuse où les objets contaminés seraient soumis, pendant une heure ou deux à un courant de vapeur surchauffée à + 100 centigrades environ. Le linge sale, les couvertures, les objets de literie ayant servi aux malades atteints d'affection réputées transmissibles ou suspectes devraient être portées à l'étuve…"… ["Les cadavres seront enterrés de bonne heure. Enfin pour empêcher toute exhalation tellurique, matières et cadavres devront être enterrés loin des habitations.]"… etc.

 

Extrait hygiène scolaire 23 mars 1889 p2

AD 78 – PER 10511 - Echo Rambolitain - Chronique médicale - 23 mars 1889 – Extrait.

Les progrès de la médecine, au cours des siècles, ont permis de ralentir leur propagation en mettant en place des principes simples d'hygiène et de précautions. Dans sa chronique le Docteur RUSCHINO les expose en quatre points distincts selon la maladie.

Extraits :

1 - La variole :

variole avril 1889 p1

AD 78 – PER 10511 - Echo Rambolitain - Chronique médicale – 6 avril 1889 

 

2 - La scarlatine :

scarlatine 4 mai 1889

 AD 78 – PER 10511 - Echo Rambolitain – Chronique médicale – 6 avril 1889

 

3 – Diphtérie ou croup :

diphtérie 4mai 1889

AD 78 – PER 10511 - Echo Rambolitain – Chronique médicale – 4 mai 1889

Le croup : infection virale qui entraîne l'inflammation des voies respiratoires (cordes vocales, trachée, bronches) chez le jeune enfant qui se traduit par un gonflement de la gorge. Cette infection est souvent liée à la diphtérie

 

4 – La coqueluche :

coqueluche 4 mai 1889

 AD 78 – PER 10511 - Echo Rambolitain – Chronique médicale 4 mai 1889

Au cours du XIXème siècle plusieurs étapes importantes ont amélioré les conditions de vie des élèves : la prévention, une meilleure l'hygiène corporelle, une alimentation mieux adaptée. La prise en compte des problèmes tels que la myopie, ou les déformations physiques sont mieux pris en charge. Les progrès effectués en médecine et les campagnes de vaccinations ont permis d'améliorer la santé des enfants, souvent les principaux exposés.