Le Bazar de la Charité, né en 1885 de l'initiative du financier anglais, Henri BLOUNT, président du "Comité des œuvres", est une vente de charité, présidée par le baron de MACKAU. Elle permet de récolter des fonds pour les plus démunis.

présidence

Le Gaulois 2 mai 1885

Les œuvres de bienfaisance sont, à cette époque, comme la Sécurité Sociale. Les donateurs sont indispensables, les hôpitaux de l'Assistance publique fonctionnent grâce aux religieuses, et les personnes de l'extérieur, celles qui ont de l'aisance financière, aident à leur bonne marche. Les femmes de la haute-société, se doivent de partager cette aisance. Les œuvres caritatives permettent à la haute société catholique de dispenser la plus haute des vertus : la charité. 

Dans cette société fermée, les femmes savent juste lire et écrire, et se doivent d'être dévouées et de se tourner vers les œuvres pieuses. Les femmes de la noblesse et de la haute bourgeoisie ont pour gouvernantes celles des classes moyennes. Elles peuvent donc être présentes auprès des institutions.Souvent une femme ne pouvant plus participer à la vie mondaine devient "dame patronnesse" : une partie de ses rentes est alors utilisée dans des œuvres de charité.

Le Bazar de la Charité est aussi le lieu où l'on doit être vu, où l'on lance les modes… et où la générosité des visiteurs est mise en avant... Tout le monde peut s'y rendre,vendeurs, aristocrates, dames de compagnies, religieuses… Alors le tout-Paris s'y retrouve et les petites gens peuvent côtoyer les inaccessibles.

le figaro 01 mai 1885 extrait

Cette première édition ouvre ces portes le vendredi 1er mai 1885, et se déroule au 222, rue du Faubourg Saint-Honoré dans la salle Albert-Legrand. Tout au long de ce mois, toutes sortes de marchandises :  brosserie, parfumerie, épicerie, vêtements, vin… y sont vendues pour des sommes similaires à celles pratiquées dans les magasins. Outre ces ventes au profit de dix associations comme "Les amis de l'Enfance", "Les Ateliers d'aveugles" ou bien encore "Les Écoles catholiques"… six grands concerts sont donnés pendant ce mois de mai dont un exclusivement fait par et pour les enfants.

Ce bazar de la charité change le modèle des ventes habituelles tant par la façon de procéder que par les choix des bénéficiaires.

De plus les "vendeuses" portent des noms prestigieux comme La baronne Alphonse de ROTHSCHILD, la comtesse Aimery de La ROCHEFOUCAULT…

Cette première édition, rendez-vous quotidien de la haute société parisienne, connaît un tel succès qu'elle se prolonge jusqu'au 3 juin 1885 au soir…

Cette vente de charité se déroulera tous les ans en différents lieux comme rue de la Boétie, place Vendôme pour, en 1897, se tenir rue Jean-Goujon, sur un terrain prêté par le financier Monsieur Michel HEINE où le 4 mai 1897 se déroulera la tragédie de "L'incendie du Bazar de la charité". 

 

 

Sources consultées :

Retronews : Journal des villes et des campagnes : 2 mai 1885 – Le Gaulois : 3 mai 1885 – Le Figaro : 16 mai 1885 – Gil Blas : 8 mai 1885