Si l'on doit donner une définition de "La Poste", service public, nombreux sont ceux qui diraient : gestion de l'envoi et distribution des lettres et colis avec  de nouveaux services comme des produits bancaires, la téléphonie et même la possibilité de passer son code de la route… Il est bien loin le temps où les "Chevaucheurs du Roi" parcouraient les chemins du royaume sur leurs montures…

Les "Messagers de l'université", sorte de réseau qui assure le lien des "écoliers" et leur famille à travers l'Europe, et les "Chevaucheurs du Roi", sont les précurseurs de notre Poste.

Les chevaucheurs transportent uniquement la correspondance royale, tout d'abord sur les routes de Bourgogne, de Picardie et de Guyenne (aujourd'hui la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie) et ce  à des fins principalement militaires. Louis XI crée le premier relais de poste par l'Edit du 19 juin 1464. Ces relais de postes, espacés d'environ vingt-huit kilomètres, assurent un service permettant aux chevaucheurs de changer de monture, seul moyen rapide de l'époque. Ils sont tenus par des "tenants-postes" puis des "maîtres des postes".

Par la suite, des offices de messagers royaux voient le jour, spécialisés dans le transport de sacs à procès, ce service autorise aussi le transport des lettres de particuliers. Ces offices royaux concurrences les messagers de l'université.

Ces deux précurseurs de la poste cohabitent et se partagent le l'ensemble des diverses distributions : colis, papiers relatifs au procès et assurent même le transport de personnes. Cette organisation ne change guère avant le début du XVIIème siècle. Une carte des routes de poste est créé en 1623, il existe, à cette époque, 623 relais.

Gallica - 1690 Carte particulière des postes de Jaillot Alexis Hubert

 

En 1668, le Marquis de Louvois, alors Ministre de la guerre de Louis XIV, achète la charge de surintendant général des postes et relais. Il s'attelle à réorganiser ce service, instaure de nouvelles routes, fait ouvrir de nouveaux relais et essaie de mettre de l'ordre auprès des maîtres des postes. À travers cette réorganisation c'est la recherche d'efficacité et de rentabilité que Louvois veut mettre en place. Il met un terme à la fonction de maîtres des postes et crée la ferme générale des postes en 1672. Ce service a pour unique mission l'acheminement du courrier sur le territoire et vers l'étranger.

Le premier livre des postes est édité en 1707, il y recense les routes et relais ainsi que les distances entre chaque relais et le prix à payer au maître des postes. Cette édition annuelle, voire biannuelle perdure jusqu'en 1859. En 1719, les messagers universitaires sont intégrés aux chevaucheurs.

À la Révolution, les maîtres des postes perdent leurs privilèges et sont remplacés par les directeurs des bureaux de poste  qui sont élus au suffrage universel. Les employés doivent, dès 1790, prêter serment de respecter le secret des correspondances. En 1791, la ferme est supprimée et les postes sont directement sous le contrôle de l'État.

Timbre CERES

Le service de distribution de courrier dans les  campagnes apparaît en 1830. Le facteur passe tous les deux jours.  Il faut attendre 1832 pour une tournée quotidienne. Le premier timbre-poste français, à l'effigie de Cérès, déesse des moissons, est gravé par  Jean-Jacques BARRE, graveur à l'hôtel de la monnaie, et mis en circulation en 1849.

 

 

La suppression de la poste aux chevaux se fait en 1873, suivi par la création de l'Union Générale des Postes, formant un seul et unique échange postal sur le territoire et les pays y adhérant. En 1878 elle change de nom pour devenir l'"Union Postale". La création d'un ministère des postes et télégraphes voit le jour en 1879.

postes et télégraphes