L'infanticide est devenu un fait assez rare. Il est encore pratiqué pour des raisons qui peuvent nous échapper : déni de grossesse, manque d'information sur les diverses possibilités qui s'offrent aux jeunes femmes… Certains faits divers récents nous le rappellent.

L'avortement est pratiqué depuis des siècles, avec plus ou moins de  complaisance envers la femme et/ou la personne qui a pratiqué l'avortement. Au Moyen-âge, ce fait est courant et toléré et la sanction qui peut en découler varie selon que "l'avortement est pratiqué avant ou après l'animation du fœtus".

Extrait-Edit de 1556-

Pour lutter contre les infanticides et les mariages « clandestins », Henri II établit, en février 1556, un édit obligeant les femmes non mariées et veuves à déclarer leur grossesse. Cet édit est d'une extrême sévérité envers les femmes puisqu'elles risquent la peine de mort si elles ne font pas cette déclaration. Il est considéré que ces femmes, "dès lors qu'elles cachent leurs grossesses, préméditent leur crime".  Elles ont donc pour obligation de déclarer, sans frais, leurs grossesses auprès des autorités : juges, notaires, voire même  les curés... Dans cette déclaration, le nom du père est demandé, mais pas obligatoirement cité, le nom des parents, l'âge de la femme. Son lieu d'origine et son éventuel placement sont aussi consignés. Tous les trois mois, les prêtres doivent rappeler ces dispositions au cours de la messe.

Ces grossesses peuvent être le fruit d'un viol, d'un abus de pouvoir exercer par le maître de maison sur sa servante ou simplement le fruit d'un amour qui ne peut aboutir puisque les jeunes gens sont obligés de demander l'autorisation à leurs parents pour s'unir, trente ans pour les jeunes hommes et vingt-cinq ans pour les jeunes femmes. Il arrive parfois que le nom du père soit donné au cours de l'accouchement pendant les douleurs, en exerçant une pression morale sur la jeune femme.

L'abandon ou l'infanticide de l'enfant sont, pour les jeunes mères "LA solution". Elles sont  bien souvent seules à assumer la grossesse et l'accouchement. La naissance d'un enfant signifie perdre son travail car elles ne peuvent pas imposer leur nourrisson à leurs maîtres. Ces jeunes femmes sont issues des couches pauvres de la société, et se laissent facilement abusées de peur de perdre leur emploi.

Dans cette société, régie par la morale et l'église, ces jeunes femmes se retrouvent démunies. Leurs enfants viennent au monde parfois par "surprise", leur solitude pendant ces mois de grossesse ne leur ont pas permis d'être prise en charge par leur mère ou une autre femme de leur entourage. Certaines prétendent que leur enfant est mort-né quand on découvre leur "crime". Malgré tout, les juges font preuves d'indulgence, par crainte de condamner une innocente  faute de preuves.

L'infanticide perdure tout au long du XIXème siècle, la presse relate régulièrement ces faits.

AD des Yvelines - PER 105011 - Echo Rambolitain 25 janvier 1890

AU XXème siècle, les mentalités ont évolué très doucement en permettant aux femmes de pouvoir disposer de nouveaux droits. Des lois ont été votées comme  la légalisation de la contraception en 1967.

Dans le magazine "Le Nouvel observateur" du 5 avril 1971, un article – sous la forme d'une pétition – est paru avec pour titre "La liste des 343 Françaises qui ont le courage de signer le manifeste "Je me suis fait avorter". À l'époque cet aveu exposait les  signataires à des poursuites pénales.

Il faut aussi mentionner le procès de Bobigny qui s'est tenu en 1972. Cinq femmes  étaient jugées pour avortement. Une jeune fille mineure après un viol, et sa mère,  pour complicité ou pratique d'avortement, et trois femmes majeurs. Ce procès ayant eu un énorme impact contribua à la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse.

Il a fallu attendre le 17 janvier 1975 pour que la loi de dépénalisation de l'avortement en France soit votée. Cette loi a été portée par Simone VEIL alors ministre de la  Sante sous la présidence de Valéry GISCARD d'ESTAING.