Jeanne est un prénom ! C'est la forme féminine de Jean, lui-même issu du prénom d'origine hébraïque Yehohanan se composant des termes yeho et hanan que l'on peut traduire par "Dieu pardonne". Ce prénom est très populaire au Moyen-Âge ainsi qu'aux XIVème et XVème siècles.

patronyme-matronyme

Mais JEANNE est aussi un matronyme ! Un matronyme est un nom de famille ayant pour origine le nom de la mère : son nom de baptême ou surnom féminin. Les matronymes sont l'une des caractéristiques des noms de famille de la Manche (50) et du Calvados (14).

Deux principaux cas ont favorisé leur apparition : celui de la femme seule, abandonnée, célibataire veuve et non remariée, dont les enfants prenaient le nom et celui de la femme ayant un statut social ou juridique plus important que celui de son mari.

Les surnoms individuels  évoquant une ascendance féminine apparaissent en Normandie dès le milieu du XIème siècle.

Beaucoup de matronymes ont cependant une fixation tardive, la pratique de donner systématiquement le prénom de la mère à un enfant né hors mariage est très vivace en Basse-Normandie. Le clergé suit cette pratique jusqu'au XVIIIème siècle, et les officiers de l'état civil jusqu'au XIXème siècle.

C'est en Normandie, essentiellement dans le Calvados et la Manche, que l'on rencontre le plus fort taux de matronymes en France.

Les femmes, en Normandie, ont joui dès le Moyen-Âge d'une situation sociale et économique favorable. L'adoption du nom de son mari, pour l'épouse, n'a pas toujours été systématique dans cette région.

Devancé par le matronyme MARIE, celui de JEANNE est le deuxième du classement des matronymes les plus portés en Basse-Normandie…

Si j'évoque cette "coutume" normande, c'est que ma maman porte comme nom de jeune fille JEANNE. Notre ancêtre en ligne directe le plus éloigné portant ce matronyme est originaire de Baudre (50). Il se prénomme André. et épouse Anne LE HEUP, peut-être à Agneaux (50), avant 1725 date de la naissance de leur premier enfant Pierre baptisé le 6 août 1725. Ils ont auront cinq enfants dont Philippe, sosa 192, qui s'unit à Marie ANGER en 1753.