Au cours du XIXème siècle, le paysage a beaucoup changé, l'ère de la révolution industrielle a transformé l'économie du pays en faisant basculer, plus ou moins rapidement, une société plutôt rurale et artisanale à une société commerciale et industrielle. Cette modernité est aussi annoncée par la naissance de lignes de chemin de fer, qui vont permettre de relier les grandes villes entre elles en établissant des axes stratégiques.

La voie ferrée Paris-Chartres est l'une des premières voies de chemin de fer de France. La station de Viroflay sera inauguréeen 1840, neuf ans avant celle de Rambouillet.

La gare du Perray

La gare du Perray après 1862

Le Perray petit commune de Seine et Oise à l'époque – aujourd'hui Le Perray-en-Yvelines – n'échappe pas à cette modernité. Elle est même au cœur des délibérations communales du 18 mars 1845 dans une séance Extraordinaire. Le conseil demande principalement à ce que la station soit édifiée en un lieu stratégique de la commune, soit entre deux carrefours des chemins principaux.

Bien que la population soit inquiète par la construction de cette voie ferrée qui va bouleverse leur territoire, en le coupant en deux, c'est surtout l'économie du village qui risque de disparaître. Celui-ci est traversé par la route nommée "La Grande Route de Paris-Bayonne". Les maisons de commerce situées au cœur du village sont surtout des auberges ; de plus l'administration des chemins de fer n'a pas retenu la proposition du conseil concernant l'emplacement de la gare préférant l'édifier quelques kilomètres en amont, au lieu-dit l'Artoire, situé entre les communes des Essarts et du Perray. D'après les sources consultées, ce choix est dû au châtelain de l'Artoire "grand manitou des chemins de fer" qui souhaite que la gare soit à sa porte.

En 1847, lors de la session du 8 mars, monsieur le maire donne lecture d'une lettre en date du 27février annonçant "une enquête d'utilité publique menée sur une période de huit jours à partir du 7 du mois pour éclairer l'administration des chemins de fer sur les emplacements que doivent occuper les stations du chemin de fer de Paris à Rennes, dans l'arrondissement de Rambouillet". Le conseil municipal se démène pour prouver que la gare doit se trouver au Perray, rappelant sa situation géographique favorable au regard des autres communes et villages environnants. Rappelant que les habitants de ces dites communes viennent chaque jour au Perray. "Que la commune du Perray sert de résidence à un notaire, un huissier, un bureau de poste aux lettres, que son commerce comporte 40 patentes, qu'elle est le chef-lieu d'un bataillon de la Garde-Nationale, qu'elle a un buraliste pour les contributions directes et un bureau de tabac."

Malgré cette énergie à défendre la station du Perray, l'administration a déjà pris sa décision. Il n'y aura pas de gare au Perray. Afin de faciliter les futurs déplacements entre les deux côtés de la voie de chemin de fer seront réalisés deux passages à niveau ainsi que deux chemins latéraux de part et d'autres la voie ferrée.

Passage à niveau

Suite à ces demandes répétées de construction d'une gare au Perray dès février 1847 et laissées sans suite, les perrotins, ont pu voir le 5 juillet 1849 un convoi rutilant et décoré, ayant à son bord le Prince Président inaugurant la ligne Paris-Chartres. Celle-ci sera ouverte au public la semaine suivante et la station desservant la commune du Perray se trouve à l'Artoire. Il faudra douze ans de bataille entre l'administration des chemins de fer et le conseil municipal du Perray pour démontrer le bien-fondé de cette demande et obtenir gain de cause. La  station sera transférée et mis à disposition des voyageurs en janvier 1862. 

Sources :  Perray et perrotins - Alphonse MAREST  -

Le Perray d'antan - Didier CORBONNOIS -